Analyse | Jusqu’où ira Elon Musk?
La relation entre Elon Musk et Donald Trump n’a pas toujours été aussi cordiale. Les insultes ont été oubliées au profit d'un mariage de raison motivé par un désir commun de réformer l’appareil gouvernemental. Musk bouge très vite, au mépris des règles. Jusqu’où peut-il aller? Loin semble le moment où Elon Musk affirmait que Donald Trump C’était en 2016, à quelques jours de la première victoire présidentielle de Donald Trump. Deux cycles électoraux plus tard, en novembre 2024, le milliardaire figurait sur la photo de famille des Trump. Cette image a consacré une union bien improbable pour un homme d’affaires qui ne se mêlait pas trop de politique et qui disait avoir voté démocrate jusqu’en 2024. L’homme le plus riche de la planète ne s’est pas contenté d’appuyer Donald Trump. Il a donné beaucoup d’argent et de temps à sa campagne. Et après la victoire électorale de 2024, Elon Musk n’est pas rentré chez lui. Il est resté à Mar-a-Lago, près de Trump, pour planifier la suite. L’objectif avoué : démanteler le gouvernement américain le plus rapidement possible. Formellement, le Cela devait être un comité consultatif, extérieur au gouvernement. Elon Musk a préféré une autre formule. Le groupe s’est implanté au sein d’une division de services informatiques existante. L’objectif était stratégique : un accès rapide aux données importantes des départements gouvernementaux. Des données financières permettant de cibler précisément ce qui doit disparaître. Elon Musk s'exprime sous le regard du président américain Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison-Blanche, le 11 février 2025. Photo : afp via getty images / JIM WATSON Elon Musk n’est techniquement pas à la tête du DOGE, qui signifie Department of Government Efficiency ou département de l'efficacité gouvernementale en français. Ce titre revient à une obscure fonctionnaire. Lui demeure À la Maison-Blanche, M. Musk a comparé le DOGE à un Ces derniers estiment qu’il y a trop de fonctionnaires fédéraux, trop de règlements à suivre et, surtout, trop de dépenses. Donald Trump parle aussi d’un exercice essentiel pour Elon Musk brandissant une tronçonneuse qui a été offerte par le président argentin Javier Milei. Photo : Getty Images / Andrew Harnik L’engin était un cadeau offert par le président argentin, un autre libertarien. Dans l’Argentine de Javier Milei, l’outil est aussi le symbole d’un ambitieux régime minceur pour la fonction publique. Mais dans les faits, Elon Musk et l’escouade du DOGE sont à l'œuvre depuis les premières heures de la deuxième présidence Trump. Et elle bouge vite, à dessein. La méthode rappelle la maxime des jeunes pousses américaines : Dès les premiers jours du deuxième mandat de Donald Trump, les envoyés du DOGE ont réclamé l’accès aux données critiques des départements. Ils ont fait fi des règles et des conventions en montrant rapidement la porte au personnel. Ces décisions, souvent prises par de jeunes envoyés sans expérience administrative ou gouvernementale, ont semé la confusion et le chaos dans la bureaucratie américaine. Elon Musk a décrit les fonctionnaires tentant de résister à ses demandes comme des gens profitant du système actuel, ne voulant pas lâcher le morceau. Pourtant, cet entrepreneur doit lui-même une partie de sa richesse à des prêts et à d’importants contrats octroyés par le gouvernement américain auquel il s’attaque. Son influence et ses pouvoirs sur des pans entiers du gouvernement soulèvent d’importantes questions de conflits d’intérêts. Tentera-t-il, par exemple, de tirer profit des quantités importantes de données personnelles auxquelles il a accès? Comme Donald Trump, Elon Musk est clivant et impulsif. Il fait aussi fi de ses détracteurs, convaincu qu’il peut agir ainsi parce que les Américains ont voté Des Américains manifestent contre les politiques du président Trump et du département de l'efficacité gouvernementale (DOGE) d'Elon Musk près du siège de SpaceX à Washington, le 19 février 2025. Photo : afp via getty images / JIM WATSON Cela fait une quarantaine de jours qu’Elon Musk applique sa méthode choc au sein du gouvernement américain. L’inventaire de ce qui a été Des dizaines de milliers d'employés fédéraux en probation ont été renvoyés. Ces mises à pied ont été effectuées très rapidement, sans vraiment vérifier la pertinence des fonctions abolies. Parmi ceux qui ont perdu leur emploi figurent des fonctionnaires chargés de la réponse à l’épidémie de grippe aviaire qui sévit présentement aux États-Unis. Il y a aussi des contrôleurs aériens et des gens chargés de la sûreté des installations nucléaires. Dans certains cas, les supérieurs s’affairent maintenant à convaincre les gens remerciés de revenir au travail. Elon Musk a fait une sorte de mea-culpa cette semaine. Le milliardaire parlait d’un cas précis : la fin de subventions pour lutter contre la maladie à virus Ebola en Afrique. Il semble cependant que la correction soit arrivée trop tard pour épargner des populations vulnérables. Au-delà du chaos et des rétractations, il est difficile de mesurer avec certitude les effets concrets de la méthode Musk. Le site Internet permettant de suivre les économies (Nouvelle fenêtre) à la trace affiche un bilan de 65 milliards de dollars américains, mais il est peu transparent et permet mal d’évaluer la pertinence des chiffres. Et même si elles étaient toutes légitimes, ces économies ne représenteraient qu’une goutte d’eau par rapport à l’objectif. En effet, elles correspondent à un mois de paiement des intérêts sur la dette américaine. Elon Musk prend la parole lors de la première réunion du Cabinet de Donald Trump, le 26 février 2025. Photo : Getty Images / AFP / Jim Watson Comme il n’est pas évident de freiner la coupe d’une tronçonneuse, il n’est pas facile de stopper la tempête DOGE provoquée par Elon Musk et alimentée par Donald Trump. Les tribunaux offrent une première avenue, même s'ils ne bougent pas à la même vitesse que l’escouade du milliardaire. L’ensemble des manœuvres sont visées par diverses plaintes, tant les mises à pied que la capacité du DOGE à geler des fonds déjà octroyés par le Congrès ou encore à obtenir l’accès aux données fédérales. Certains élus républicains ont été sermonnés par des citoyens en colère, troublés par la taille et la profondeur des compressions. Quelques-uns ont fait connaître leurs inquiétudes. Dans l’ensemble, les républicains semblent dire Pour l’instant, Elon Musk ne semble pas vouloir ralentir ou changer d’outil. Cette semaine, Donald Trump s’est assuré que tout son cabinet était au diapason sur la question. Profitant de la question d’un journaliste qui transmettait la réunion du cabinet en direct, le président a demandé si un secrétaire avait des critiques à formuler. Aucun d'eux n’a soulevé d’objection. Plusieurs ont ri avant d’applaudir. Ainsi, le controversé libertarien peut continuer de sabrer rapidement, parfois en se trompant… et sans trop d’égard pour les conséquences.n’était probablement pas le bon gars
pour la présidence, qu’il ne semblait pas avoir le type de personnalité qui reflète bien les États-Unis
.Travailler de l’intérieur
U.S. DOGE Service
a été créé pour conseiller le président sur les façons de moderniser la technologie du gouvernement fédéral et de maximiser son efficacité et sa productivité
.
employé spécial du gouvernement
, ce qui met ses communications et ses avoirs à l’abri de bien des regards.soutien technique
pour le gouvernement, employant un euphémisme pour parler des mises à pied et des compressions budgétaires. Sa véritable mission reflète l’une des ambitions principales des conservateurs américains.Les États-Unis seront en faillite si on n’y arrive pas. C’est pour ça que je suis ici
, a conclu le patron de Tesla et de SpaceX. La dette américaine dépasse 36 000 miliards de dollars. Elon Musk croit être capable de dégager 1000 milliards de dollars d’économies en s’attaquant à la fonction publique.sauver le pays
. Certains critiques dénoncent un autre objectif, plus ambitieux que la recherche d’efficacité : réduire la portée du gouvernement, sa capacité à aider les plus faibles et à encadrer les entreprises.La méthode « tronçonneuse »

C’est une tronçonneuse pour la bureaucratie
, a lancé Elon Musk, en brandissant une scie à chaîne (non actionnée) devant des militants conservateurs réunis en banlieue de Washington la semaine dernière.move fast and break things
(agissez rapidement et brisez tout sur votre passage
). Elle rappelle aussi celle appliquée par Musk après avoir acheté Twitter en 2022.pour un changement radical
.
Ce qui a été brisé
brisé
commence à apparaître.Quand on fera des erreurs, on les réparera rapidement
, a-t-il dit.
Qui peut résister à Musk?
oui
au principe de réduire la taille de l’État, mais demandent à ce qu’on utilise un scalpel plutôt que la scie à chaîne.
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